Le don d’organes en France : tout comprendre
Le don d’organes permet de sauver des vies : en 2025, les équipes médicales ont réalisé 6 148 greffes en France, un record. Pourtant, 33 000 patients ont eu besoin d’une greffe au cours de l’année et 966 sont décédés en liste d’attente. Cette page rassemble l’essentiel à savoir sur le don d’organes : la loi, les chiffres, le déroulement d’un prélèvement et, surtout, pourquoi il est si important d’en parler à ses proches.

Qu’est-ce que le don d’organes ?
Le don d’organes consiste à prélever un ou plusieurs organes sur une personne décédée, ou plus rarement vivante, pour les greffer à un malade dont un organe ne fonctionne plus. Les organes les plus souvent greffés sont le rein, le foie, le cœur et les poumons ; le pancréas et l’intestin sont plus rarement concernés. On peut aussi donner des tissus : cornées, peau, os, valves cardiaques, vaisseaux.
Un seul donneur peut permettre de sauver ou d’améliorer plusieurs vies. Pour les définitions et les différents types de greffe, consultez notre F.A.Q..
Ce que dit la loi
En France, le don d’organes repose sur trois grands principes fixés par les lois de bioéthique : le consentement présumé, la gratuité et l’anonymat. Le détail est présenté sur notre page La loi sur le don d’organes.
Le consentement présumé
Depuis 1976, chacun est considéré comme donneur d’organes après sa mort, sauf s’il a exprimé son refus de son vivant. Il n’existe pas de « registre du oui » et la carte de donneur n’a aucune valeur légale.
Comment exprimer un refus ?
- En s’inscrivant sur le Registre national des refus, en ligne ou par courrier, dès l’âge de 13 ans.
- En confiant à un proche un écrit daté et signé.
- En exprimant oralement son refus à ses proches, qui en témoigneront auprès de l’équipe médicale.
Gratuité et anonymat
Le don est gratuit : aucune rémunération n’est possible et la famille du donneur n’a aucun frais à sa charge. Il est anonyme : personne ne communique le nom du donneur au receveur, et inversement.
Les chiffres du don d’organes en 2025
- 6 148 greffes réalisées, dont 614 grâce à des donneurs vivants (source : Agence de la biomédecine) ;
- 33 000 patients ont eu besoin d’une greffe au cours de l’année ; 23 294 restaient en attente au 31 décembre 2025 ;
- 966 patients sont décédés alors qu’ils étaient inscrits sur la liste d’attente ;
- 37,1 % de taux d’opposition au prélèvement, le niveau le plus élevé depuis des années.
Depuis plus de trente ans, l’écart entre le nombre de patients en attente et le nombre de greffes ne cesse de se creuser. Découvrez l’évolution complète sur notre page La pénurie de greffons.
Comment se déroule un don d’organes ?
La plupart des prélèvements ont lieu après une mort encéphalique, c’est-à-dire l’arrêt total et irréversible du cerveau, à la suite d’un traumatisme crânien ou d’un accident vasculaire cérébral. Cette situation est rare : elle concerne environ 1 % des personnes qui décèdent à l’hôpital. Les équipes peuvent aussi prélever des organes après certains arrêts cardiaques.
Les médecins constatent le décès selon des critères stricts. Les équipes qui soignent le patient sont distinctes de celles qui s’occupent du prélèvement : la question du don n’est posée qu’une fois le décès constaté. L’équipe consulte alors le Registre national des refus, puis interroge les proches sur une éventuelle opposition du défunt.
Le prélèvement est une intervention chirurgicale réalisée au bloc opératoire, avec le même soin que pour une personne vivante. L’équipe rend ensuite le corps à la famille, qui peut organiser les obsèques de son choix.
Don d’organes : pourquoi en parler à ses proches ?
Plus d’un prélèvement possible sur trois n’a pas lieu, le plus souvent parce que les proches ne connaissent pas la position du défunt et préfèrent refuser par précaution. Selon le baromètre 2026 de l’Agence de la biomédecine, 74 % des Français sont favorables au don de leurs organes, mais seulement 49 % en ont parlé à leur entourage.
Dire à ses proches ce que l’on pense du don d’organes, c’est leur épargner un doute terrible au pire moment, et faire respecter sa propre volonté, qu’elle soit favorable ou non. Quelques minutes suffisent. Entre proches, on se le dit.
Idées reçues sur le don d’organes
- « Je suis trop âgé. » Il n’existe pas de limite d’âge : ce sont des critères médicaux qui comptent.
- « Ma religion l’interdit. » Les principales religions pratiquées en France ne s’y opposent pas. En savoir plus sur le don d’organes et les religions.
- « On pourrait renoncer à me soigner. » Le prélèvement n’est envisagé qu’après le décès, par une équipe distincte de celle qui soigne.
- « Les organes peuvent se vendre. » Le commerce d’organes est interdit et puni par la loi ; le don est gratuit et anonyme.
Le don d’organes du vivant
Il est aussi possible de donner de son vivant, principalement un rein ou une partie du foie, à un proche. En 2025, 603 patients ont reçu un rein d’un donneur vivant. Un comité d’experts informe d’abord le donneur, qui exprime ensuite son consentement devant le président du tribunal judiciaire.
Agir avec Greffes+
Le collectif Greffes+ réunit des associations, fédérations et fondations engagées pour le don d’organes. Avec le programme Ambassadeurs du don d’organes, plus de 1 600 villes, hôpitaux, pharmacies, écoles et entreprises affichent leur engagement et invitent chacun à en parler. Le ruban vert est le symbole de cette mobilisation.